- Feb 17, 2026
Comprendre la séquestration splanchnique afin d'optimiser ses apports protéiques…
- Valérie TARA NATURE
- Nutrition
Mais c’est quoi la séquestration splanchnique ?
Lorsque nous ingérons des aliments, certains métabolites circulants tels que les acides aminés présents dans les protéines, sont « séquestrés » par nos organes et notamment le foie et les intestins. Ces métabolites sont ainsi retenus pour servir la propre croissance ou réparation de nos viscères, mais aussi pour produire certaines protéines spécifiques telles que les enzymes, l’albumine, des facteurs de coagulation…convertir certains de ces acides aminés en énergie (si nécessaire), synthétiser la glutamine (l’acide aminé central de l’immuno-nutrition) ou encore soutenir le système immunitaire intestinal.
Précisons qu’en cas de stress, en présence d’inflammation ou d’infection cette rétention augmente puisque les besoins physiologiques sont également plus importants.
Or, plus nous vieillissons plus le nombre d’acides aminés ainsi séquestrés par nos organes augmentent ce qui peut, à terme provoquer, la fonte ou l’atrophie musculaire, le foie risque de s’engorger de déchets azotés (acide urique, lactique, urée), l’énergie sera en berne, la récupération après l’effort sera plus difficile…
· La séquestration splanchnique touche toutes les personnes quel que soit le sexe, sportives ou sédentaires, malades ou en bonne santé, après 50 ans, et se trouve doublée dès 70 ans. On estime chez les personnes âgées de plus de 70 ans que 50% des protéines ingérées au cours d’un repas sont retenus sous forme d’acides aminés par le foie et l’intestin contre 25% chez les adultes.
Conséquence : les besoins protéiques de bonne qualité augmentent avec l’âge !
Pourquoi ce mécanisme existe ?
Le corps priorise la survie et le métabolisme vital :
Les muscles ne sont pas indispensables à court terme
Alors que le foie et l’intestin gèrent la digestion, le glucose, le système immunitaire, et la synthèse des protéines plasmatiques
C’est donc un mécanisme protecteur, mais qui peut limiter l’anabolisme musculaire surtout chez les seniors.
Les besoins quantitatifs :
Le corps a besoin en moyenne de 11 à 15% de calories sous la forme de protéines, qu’elles soient animales ou végétales.
Selon les ANC :
Enfant : 1g/kg/jr
Adulte : 0.8 à 1g/kg/jr
Personne âgée : 1.1g à 1.5g/kg/jr en fonction de l’état de santé
Sportif : 1.5g/kg/jr
Les conséquences d’un manque de protéines :
En cas de déficit d’apport en protéines alimentaires, l’organisme va devoir puiser les acides aminés qui lui sont nécessaires et dont il a besoin en permanence pour fabriquer ses propres protéines dans ses muscles ou ses os. On parle de malnutrition protidique. Dans nos pays industrialisés, ces carences sont relativement exceptionnelles. En revanche, les carences qualitatives, c’est-à-dire l’absence d’un des acides aminés est plus fréquente (notamment chez les végétariens ou végétaliens).
Symptômes d’une carence en protéines :
Fatigue
Chute de cheveux, ongles cassants
Baisse de la vue
Fragilité ligamentaire
Ostéoporose
Déficiences du système immunitaire -infection à répétition
…
La valeur d’un ingrédient protéique dépend donc de sa capacité à fournir les acides aminés de ces protéines dans des proportions adaptées aux besoins de l’individu.
Elle dépend :
De sa composition en acides aminés
Mais aussi de sa biodisponibilité (absorption) qui est dépendante de nombreux facteurs (teneur en fibres alimentaires dans l’assiette, type de cuisson, mastication…)
Les acides aminés essentiels qui sont non synthétisés par l’organisme et qui doivent être apporté par l’alimentation sont au nombre de 8 => Leucine, Thréonine, Lysine, Tryptophane, Phénylalanine, Valine, Méthionine et Isoleucine.
D’une manière générale ce qu’il faut savoir :
Les protéines animales sont relativement bien équilibrées en acides aminés essentiels
Les céréales sont carencées en Lysine (et parfois en Thréonine)
Les légumineuses sont carencées en Méthionine (et parfois en Tryptophane)
Ce qui signifie que dans le cadre d’un régime végétarien ou végétalien, les céréales doivent impérativement être associées à des légumineuses.
D’autre part il faut noter que la rétention splanchnique s’effectue différemment selon l’apport en protéines végétales versus animales comme illustré dans ce schéma :
Comment optimiser ses apports et limiter la rétention splanchnique ?
Tout d’abord comme nous l’avons vu en prenant soin de bien composer son assiette selon son régime (végétarien, végétalien…), avec les bonnes associations pour éviter toute carence qualitative.
En répartissant sur les 3 principaux repas les apports protéiques (éviter de concentrer ses apports protéiques sur un seul repas)
En veillant à la qualité des protéines ingérées
En pratiquant une activité physique régulière (l’activité physique compense partiellement la rétention splanchnique car même si l’intestin et le foie captent toujours une partie des acides aminés, le muscle capte plus efficacement ce qui reste).
Exemple de répartition optimale sur une journée dans le cadre d’un régime végétarien :
A vous de jouer !